5 Heures de vol en planeur, par Christian

04/08, 14h00, seuil 26 herbe

Je m’installe dans Golf-Juliet, mon fidèle K8a. La météo est prometteuse et cette fois, je sens bien les choses ; «  Le vol de 5h00, c’est pour aujourd’hui » !

Je fais mon CRIS, le treuil est en route

« Treuil, tu peux tendre le câble Nord pour un K8, 1 personne à bord »

« Tendu ! »

Le planeur part, 1ère assiette, je tire en souplesse (comme me l’ont appris mes différents instructeurs), le badin est correct, la symétrie aussi, petit regard sur les côtés, pente de 45degrés environ, puis 250m, 300m , 400m, le treuil ralentit, je rends la main et largue .

Tout de suite, une pompe me donne un coup de pied aux fesses : « inclines ! Mieux que ça, sinon tu te reposeras rapidement ! » (la forte inclinaison n’est pas mon domaine d’excellence)

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Mais les Dieux (et le K8) sont avec moi et je monte de +2 à +5m/s. c’est impressionnant et enivrant en même temps ; Je continue de monter pour atteindre 1200 mètres. Je me dis que c’est déjà pas mal et j’en profite pour faire quelques exercices d’inclinaison tout en surveillant ma symétrie et la sécurité extérieure. Curieusement malgré que le K8 soit un monoplace, je ne suis pas seul dans le planeur. J’entends les conseils de Philippe, d’Eddy, de Jean-François et de Koen : « vole plus doucement, inclines, n’oublies pas la sécurité extérieure, ouvre un peu…. »

Petit à petit, je grimpe et je me dis que cette fois, ça devrait pouvoir le faire ; Le temps passe, je profite de faire des transitions « propres » et admire le paysage ; Un coup d’œil à l’alti, 1900 mètres ; « Wouah ! c’est la première fois que je monte si haut ! ».

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Un peu plus au sud et 1500m plus haut environ, je croise un AIRBUS d’EASY JET en descente vers Lille.2h30 de vol, pour l’instant tout va bien ; Je grignote quelques barres énergétiques mais j’évite de boire ; Ce serait trop bête de descendre juste pour ça !!!

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3H30 de vol, cela commence à faire long, j’ai un peu mal au dos et essaye de faire quelques mouvements pour soulager les douleurs. Je suis en limite de la BA103 et j’aperçois la piste et les marguerites avec un petit pincement au cœur.D-61 vient me tenir compagnie pendant quelques spirales. Au sol, Eddy se soucie de ma position et altitude et m’interroge via la radio. Je réponds :

« Sud des installations, kilomètre 5, 1700mètres »

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4H00 de vol, le temps me paraît maintenant bien long mais je dois tenir ; j’essaie donc de me fixer des points, de transiter tout en essayant de reprendre des pompes. Aujourd’hui, c’est facile. Je regarde ma montre : « encore 50mn ! » En bas, tous les autres sont rentrés, j’aperçois les planeurs au centre.

Les cumulus disparaissent lentement, je me positionne à la verticale de Cambrai et profite de quelques pompes.  800m, je fais des grands cercles au-dessus de la ville, la vario varie entre 0.5 et 1m/s, de quoi tenir jusque 19h30. J’en profite pour grignoter à nouveau et admirer la ville ; Le vent est calme et c’est un vrai moment de sérénité et de communion avec « mon planeur ». Un regard sur la montre, encore 20mn. Je mets légèrement le manche en avant et descends en douceur, -1m/s au vario, le sol grandit lentement. Encore 10mn et je m’intégrerai en vent arrière.

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« Ca y est, cette fois, je suis sûr que j’ai passé les 5h00 ! », je fais mon annonce, fière comme un paon, et m’aligne en finale pour la 26. A la radio, j’entends : « ce soir, on va boire un coup !  » Je réponds : « avec plaisir ! » J’arrondis, le planeur touche doucement la piste, je tire les AF au max, GJ s’immobilise. J’ouvre la verrière (il fait encore chaud), je descends rapidement pour assouvir un besoin naturel (5h00, c’est long !).

Je ressens un immense plaisir, une grande fierté mais aussi une fatigue certaine.

La prochaine étape maintenant : la formation Campagne et le 50 Km mais c’est une autre histoire et ce sera un autre article (si les Dieux sont d’accord !)

 

 

C Macho

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